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J’ai testé une journée dans un temple bouddhiste en France

Céline David-Nillet
Le 30 janvier 2024

Si je vous dis temple bouddhiste, vous imaginez des pagodes, des rizières, des moines vêtus de rouge et orange, à l’autre bout de la Terre. Mais saviez-vous que l’on peut visiter des temples bouddhistes en France ? On estime à 300 le nombre de temples et centres bouddhistes répartis dans l’Hexagone. J’ai passé une journée dans un temple bouddhiste et je partage avec vous cette expérience unique et insolite, riche en enseignements.

Un temple bouddhiste près de chez moi

Je venais d’avoir trente ans et alors que j’explorais une voie spirituelle laïque, je découvre la philosophie bouddhiste. En cherchant à visiter un temple bouddhiste en Île-de-France, je repère l’existence d’un temple à quinze minutes du village où j’ai grandi. Incroyable. Comment est-ce possible de n’avoir jamais entendu parler du temple de la Boulaye plus connu sous le nom du « temple des milles Bouddhas », situé dans le département de Saône-et-Loire en Bourgogne ? Sans plus attendre, j’organise et planifie la visite du temple avec ma famille.

La visite du temple des milles Bouddhas…

Le soleil brille. Après une trentaine de kilomètres en voiture, nous apercevons, dans un écrin de nature, le temple majestueux et coloré qui contraste avec la végétation verdoyante. Le temple, inauguré en 1987, m’apparaît d’emblée comme silencieux et apaisant. Subjuguée par la couleur des statues et les ornements dorés, j’ai la sensation d’avoir été téléportée en Asie. Afin d’expérimenter la véritable déconnexion que m’inspire ce lieu, je décide de laisser mon téléphone dans le coffre à gants.

Le rituel du matin

Il est 9 h et nous arrivons à temps pour assister au rituel du matin nommé Tara, en référence à la divinité surnommée « La noble libératrice », symbole de l’éveil au féminin. Comme le veut la tradition et comme cela est le cas dans d’autres lieux de culte, il est d’usage de se déchausser avant d’entrer. L’émerveillement continue à l’intérieur du temple au revêtement bigarré, où se trouvent des zafus (coussins ronds de méditations) pour s’asseoir et des bancs sur lesquels ont été déposés des recueils de textes sacrés.

Nous attendons silencieusement l’arrivée d’un lama — personne qui enseigne le bouddhisme sans nécessairement être moine — et je ressens déjà une agréable légèreté. Le lama, vêtu d’un pallium rouge, s’introduit dans le temple en réalisant trois prosternations, avant de s’asseoir sur un zafu, au premier rang à droite, face à l’autel où s’érigent les statues de Tchenrézi à gauche, Bouddha au centre et Tara à droite. Avec bienveillance, le lama nous indique la page du recueil par laquelle nous allons commencer. Je me laisse porter et nous chantons ensemble à l’unissons les textes rédigés en sanskrit et traduits en alphabet international. Les phrases chantées, portant également le nom de mantras, sont répétées, selon la tradition, 108 fois à l’aide d’un mala (l’équivalent d’un chapelet, contenant 108 perles).

Les rituels, pratiqués matin et soir, ont pour objet et pour effet de clarifier l’esprit et d’éliminer les obstacles à la pratique de la méditation.

Un déjeuner frugal

Après une visite libre du temple, au cours de laquelle nous avons découvert les statues des différentes divinités et les rôles respectifs de chacune dans l’histoire du bouddhisme, nous retrouvons les lamas pour déjeuner. Les lamas se retrouvent dans une pièce sommaire semblable à un réfectoire pour y prendre un déjeuner végétarien, en silence. Pas d’opulence, pas de superflu, ni d’excès. Ici on mange en silence et en conscience des aliments réputés bons pour la santé ; ce jour-là du riz, des légumes (épinards), des graines et des laitages. Je redécouvre combien c’est agréable de manger dans le calme sans stimulation. Pas besoin de mots pour ressentir la joie, visible sur les visages des lamas, de partager ce repas.

On dit souvent qu’il y a un temps pour manger et un temps pour socialiser. Leur tradition en témoigne. Déjeuner en silence et sans écran, a des vertus, à commencer par la qualité de la digestion. Le silence et la conscience portée au repas, leur permettent d’être à l’écoute de leur corps et de ressentir la satiété. Leur secret en matière d’alimentation : « Un tiers de solide, un tiers de liquide et un tiers de vide ».

Devise dont je m’inspire depuis ce jour, pour le plus grand bien de mon corps et de mon système digestif.

Le rituel du soir

À 18 h, la journée s’achève avec le rituel du soir qui est consacré à la divinité Tchenrézi, suivant le même protocole que le rituel du matin, avec un recueil de prières ayant pour titre Méditation de Tchenrézi. Je retiens de cette méditation le mantra « Om mani padme hum » répété en boucle par le lama durant la séance, au nom de la grande compassion. Je quitte le temple, inspirée et enthousiasmée à l’idée de faire évoluer mon mode de vie.

Ce que cela m’a apporté

Je retiens de cette journée 3 enseignements qui valent pour tout être humain quel que soit l’endroit où il se trouve sur la planète :

  1. La simplicité. Des objets aux matériaux nobles, à la nourriture la plus naturelle et donc la moins transformée possible, en passant par la sobriété de la tenue vestimentaire des lamas.
  2. La lenteur. Dans leurs gestes, leurs déplacements, leur façon de manger, de se mouvoir, de chanter, de parler. Ce fût le plus grand contraste avec le reste du monde, comme un moment suspendu et hors du temps, où l’agitation de la société n’a pas de prise. La lenteur fût pour moi, un élément marquant, qui m’a permis d’incarner un peu plus le concept de la slow life dans mon quotidien. Je suis d’ailleurs persuadée que la pratique quotidienne de la méditation valorise le slow living. Lorsque je médite, même dix minutes, je goûte cet état de flow et de présence à soi et au monde.
  3. L’éthique. Le respect pour les êtres et les choses ainsi que leur modeste contribution au fonctionnement du centre par des activités quotidiennes. Cela m’a permis de me poser la question de mes propres valeurs et de la façon dont je contribuais au monde et à mes proches quotidiennement.

Pourquoi vous devriez visiter un temple bouddhiste

Si vous sentez que votre vie manque de sens, et que tout va trop vite ; ou encore si vous traversez une période de stress, d’angoisse, de remise en question, de doute ou de désespoir, offrez-vous une escapade journalière, ou alors une retraite de plusieurs jours. Il faudra compter 5 euros pour la visite libre du temple et 15 euros pour le déjeuner, en compagnie des lamas. La participation aux rituels est gratuite.

Visiter un temple bouddhiste est l’opportunité de déconnecter, de se recentrer sur l’essentiel et se ressourcer. Cette expérience est aussi l’occasion de questionner notre mode de vie et de s’inspirer de pratiques intemporelles, universalisables et ancestrales.

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